Comment j'ai arrêté de douter de mes écrits

Quand l'angoisse surpasse la passion

Parfois, c’est dur écrire. Pas parce que l’on manque d’idées, mais parce que l’on a peur de ne pas leur rendre justice. On bloque devant notre page blanche ou alors on écrit et là, ce sont les doutes et la peur du « mauvais texte » qui prennent le relai. À l’époque où j’écrivais pour moi sur des bouts de feuille arrachés ou dans des pages Word enfouies dans des dossiers cachés dans d’autres dossiers, je n’avais pas ces problèmes. Tout simplement parce que j’écrivais pour m’exprimer. Il n’y avait pas de regard extérieur pour venir juger de ce que je faisais. Mais maintenant que j’écris pour partager, c’est-à-dire que les autres se sont infiltrés dans l’équation… c’est plus compliqué. Ce qui à la base n’était qu’un élan d’expression est devenu une démarche artistique.

La bonne nouvelle est que cette anxiété de créer un beau texte signifie que l’on a à cœur d’écrire quelque chose de qualité. Mais ! C’est pénible. C’est pénible de ne pas écrire autant qu’on le souhaiterait. C’est pénible de devoir se battre avec le sentiment que l’on est le pire écrivain au monde quand on pratique notre art. C’est pénible d’appréhender les retours d’autrui comme si une mauvaise critique suffirait à nous oblitérer. 

Soma - Food Wars!

Vous reprendriez bien un peu de shonen ?

Pour toutes ces raisons, je dois vous avouer que j’ai une grande admiration pour le personnage de Soma dans Food Wars!. Pour ceux qui ne connaissent pas, Food Wars! est un animé japonais où les étudiants d’une prestigieuse école de cuisine s’affrontent avec leurs plats gastronomiques. Outre le fait qu’un bon plat déclenche automatiquement des orgasmes et un strip-tease chez les critiques culinaires… cette émission m’a beaucoup appris sur comment aborder mon art. Comme tout bon shōnen, Soma est un héros exceptionnel et confiant qui se détache nettement de ses camarades de classe. Contrairement aux autres élèves qui ont le sentiment de devoir prouver leur valeur durant les duels, Soma n’a pas cette peur de la défaite parce qu’il se bat et perd contre son père depuis tout petit. Aussi, il n’a pas peur de faire un mauvais plat… et là vous voyez où je veux en venir.

En fait, le secret de Soma est qu’il est trop focalisé à apprendre et s’améliorer pour se soucier de son paraître. Il accepte le fait que devenir le meilleur cuisinier est plus important qu’être le meilleur cuisinier. C’est pour cette raison que l’échec et la critique ne le démotivent pas. Il est toujours prêt à cuisiner ou faire un duel, parce qu’il aime apprendre et il aime cuisiner. Il n’a pas peur non plus de reconnaître que quelqu’un est meilleur que lui à un instant T, parce qu’il comprend que la démarche de l’artiste n’est jamais figée et qu’il lui est tout à fait possible de dépasser cette personne. En somme, il cherche à se dépasser lui-même avant tout, plutôt qu’à être le meilleur ou pire à écraser les autres. De plus, il a une incroyable confiance en lui du seul fait qu’il connait bien ses forces. Prendre des murs n’enlève donc rien à ce qu’il a accompli et appris jusque là. Or c’est le problème d’internet, si toute notre valeur d’écrivain repose sur des vues, des likes et des compliments, notre valeur est dépendante de l’opinion d’autrui. Cependant, en adoptant la démarche de Soma la valeur que l’on se donne en tant qu’artiste peut reposer sur quelque chose d’indépendant des autres : nos techniques et notre savoir-faire.

Conclusion : la confiance se développe avec la connaissance

En bref, voici ma solution miracle pour se sortir de la procrastination, des doutes et de la peur des critiques : utiliser notre amour de l’apprentissage pour faire de notre art une réelle démarche artistique. C’est comme ça que j’ai décidé d’aborder mes écrits. J’ai toujours adoré apprendre en autodidacte, alors aussi bien appliquer cet amour de l’étude à ma passion. Je fouille donc le net et les livres pour apprendre de nouvelles techniques et expérimenter des styles quitte à parfois écrire des textes horribles. L’idée est de chercher à pratiquer quelque chose de précis quand on écrit : provoquer une émotion, faire une fin qui en jette, travailler le rythme, etc. Chercher d’emblée à écrire un texte parfait est une erreur. Chercher à être un écrivain parfait, l’est encore plus.

Partager ce post

Cet article a 2 commentaires

  1. Vraiment top cet article ! Je me vois tellement dans cette description de l’écrivain emplit de doutes. Il y a actuellement un projet de roman dont je n’ai toujours pas commencé l’écriture parce que je suis paralysée par cette peur de ne pas être à la hauteur de cette tâche (ça fait peut-être doutes de l’élu dans la quête) mais c’est vraiment comme ça que je le ressens.

    Je partage également mes écrits pour 2 points. Premièrement, j’aime échanger et débattre sur mes textes. Deuxièmement, je cherche à être corrigée pour justement m’améliorer et je peine à trouver des personnes qui me font des réels retours constructifs pour que je m’améliore. Mon rêve est d’atteindre mon plein potentiel dans l’écriture.

  2. La sagesse des uns aide la confiance des autres.

    Merci pour ce texte.

Laisser un commentaire

*

code

Fermer le menu