Café au matin

Au coin de mes paupières, l’éveil somnole encore. Je me lève tout doucement pour ne pas déranger ton oreiller.

Assise dehors, je trempe mes lèvres dans un nuage en attendant le retour du soleil. Mes pieds sont glacés et mon café amer. Il n’y avait pas de sucre ce matin, tu as emporté toute la douceur avec toi.

Une ombre passe, une autre me traverse. Les premiers rayons n’effacent pas le froid. Ils révèlent la rosée de l’araignée affairée à pleurer. Dans cette toile de souvenirs, je regarde le temps s’enliser. Une goutte tombe sur ma joue et glisse dans mon café. Je prends une gorgée.

Tu ne me manques pas, mais ta chaise désespère. Je la sens chancelante, écrasée par le poids de ton absence. Même ta tasse ne sort plus de l’armoire. Elle y reste tapie du matin au soir.

Je porte la chemise que tu as oubliée pour qu’elle ne se sente pas délaissée. Elle reste accrochée à moi comme une enfant abandonnée. Mais c’est surtout aux murs que ta présence manque. La nuit, ils me fixent de tout leur blanc. Alors je fais semblant d’aller bien pour qu’ils me laissent dormir un peu… une petite heure ou deux. Comme ça… parfois… seulement parfois… ils me laissent rêver, que je rêve de toi.

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